Les fluorites rouges sont très rares…

Fiche d'identité

Nom vernaculaire
Fluorite et Quartz fumé dite « Fluorite Laurent »

Informations détaillées

Numéro d'inventaire
210.1
Espèce
Fluorite
Variété
Fluorite
Historique
Nom issu du latin « fluere » signifiant « s’écouler », en allusion à son comportement au point de fusion. Espèce décrite en 1529 par Agricola Georgius (1494-1555), minéralogiste allemand.
Localité-type
non définissable car déjà connue des Anciens.
Nom ancien
patum vitreum, calx fluorata, spath fluor
Formule chimique
CaF2
Système cristallin
Cubique
Couleur
Incolore, blanc, bleu, vert, jaune, violet, rose
Transparence
Transparent à translucide
Eclat
Vitreux
Trace
Blanc
Morphologie
Cristaux bien formés en cubes, en octaèdres
Dureté
4
Densité
3,18
Classe chimique
III - Halogénures
Groupe d'appartenance
Fluorite
Identité strunz avant 2001
3/A.08-10
Identité strunz après 2001
3.AB.25
Provenance
Massif du Mont-Blanc, Aiguille Verte, Haute-Savoie, France

Découvert le 21 juillet 2006 dans les aiguilles vertes du massif du Mont-Blanc en Haute-Savoie, ce spécimen a la particularité de présenter une association d’une exceptionnelle rareté de deux minéraux typiques des géodes des montagnes de Chamonix : la fluorite rouge et le quartz enfumé.

Outre la qualité minéralogique et de la beauté du spécimen récolté, cette association spectaculaire est le premier objet d’histoire naturelle a être classé « bien culturel d’intérêt patrimonial majeur » , une belle victoire pour l’ensemble du patrimoine géologique national. C’est la Fondation Total qui l’a acquise et donnée au Muséum pour enrichir les collections nationales de minéralogie.

Cet échantillon a été baptisé « Laurent », en hommage à Laurent Chatel, compagnon de cordée de l’inventeur de l’échantillon qui a fait une chute mortelle en août 2005 alors qu’ils cherchaient ensemble des cristaux.
« Laurent » nous renseigne sur les conditions de sa formation et sur l’histoire géologique des Alpes : lors de la formation du massif, des fluides hydrothermaux circulent dans des fentes. Ils puisent dans la roche environnante (ici un granite) des éléments (Si, Ca, F …) qui vont cristalliser dans les espaces (futurs « fours »).

D’abord la silice sous forme de quartz puis le fluorure de calcium, sous forme octaédrique (donc 400° C). Des substitutions chimiques se font dans le quartz et dans la fluorite. La radioactivité du granite va « activer » la couleur liée à ces éléments, colorant en rouge la fluorite et « enfumant » légèrement le quartz (donc, vers 225° C). Avec la surrection des Alpes, les cristaux remontent dans leur four et, protégés de l’érosion et de la lumière, attendent d’être mis à jour par l’érosion ou par un cristallier.

Cet échantillon fait actuellement partie de l’exposition Trésors de la Terre.

Fluorite et Quartz fumé dite "Fluorite Laurent" (N° 210.1) © MNHN - François Farges

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