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Piégeuses en série

Les plantes, comme tous les êtres vivants, sont constituées d’eau, de sels minéraux, et de composés organiques : glucides, lipides, protéines, ADN… Elles ont toutefois une particularité de taille : elles sont capables de produire elles-mêmes leurs composés organiques, contrairement aux animaux et aux champignons qui se les procurent par leur alimentation.

La photosynthèse permet en effet aux végétaux, grâce à l’énergie lumineuse, de transformer le dioxyde de carbone de l’air et l’eau puisée dans le sol (contenant donc des sels minéraux), en glucides essentiels à leur croissance. L’eau, l’air, la lumière, c’est tout ce dont les végétaux ont besoin pour vivre. Enfin, généralement… Car dans certaines régions, telles que marais ou tourbières, il arrive que le sol soit trop pauvre en azote ou en d’autres éléments (ions phosphates, magnésium, potassium ou soufre, oligo-éléments…) pour subvenir aux besoins des plantes qui y poussent. Comment alors se procurer ces compléments alimentaires indispensables ? Plusieurs solutions existent : symbiose, parasitisme, modification du milieu immédiat… Au fil de l’évolution, les plantes carnivores se sont quant à elles dirigées vers la prédation. Ce qui n’est pas une mince affaire, lorsqu’on est incapable de se déplacer ! Un handicap qu’elles ont surmonté en élaborant des stratagèmes sophistiqués afin d’attirer, de capturer puis de digérer d’autres êtres vivants, principalement des insectes, pour compléter leur régime alimentaire. Pièges actifs ou passifs, adhésifs, à urnes, à mâchoires, à succion… La variété des moyens déployés par les plantes carnivores force l’admiration. Parfois complété par des appâts pour mieux attirer leurs proies, cet arsenal s’avère redoutable.

Ces végétaux ne sont toutefois pas des carnivores strictes, et leurs prises sont avant tout destinées à compléter les carences de leur alimentation. Sans proie, elles ne meurent pas. Du moins pas immédiatement : moins vigoureuses, elles produisent moins de graines, et se retrouvent désavantagées par rapport à leurs compétitrices. Une situation qui peut, en milieu naturel, rapidement mener à leur disparition.

Enfin, peu de gens savent qu’une bonne partie du repas de certaines plantes carnivores n’est pas constituée d’insectes, mais d’autres végétaux ! Ainsi, les feuilles collantes de grassettes (Pinguicula sp) capturent-elles non seulement des insectes, mais aussi une grande quantité de grains de pollen, lesquels sont ensuite digérés comme de vulgaires mouches… Les utriculaires aquatiques capturent quant à elles non seulement de petits crustacés, mais aussi des algues en grande proportion.