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Feuilles de plantes couleur sépia © K. Doing
Feuilles de plantes couleur sépia © K. Doing

Cycle de projections "Nature élargie"

Évènement

Un cycle de films expérimentaux pour décentrer notre regard en explorant les perceptions non humaines, animales ou végétales.

Un cycle de projections proposé par Elio Della Noce (chercheur en études cinématographiques) & Emmanuel Lefrant (Light Cone).

Alors que notre époque est marquée par l’ampleur des actions humaines sur le reste du vivant (l’Anthropocène), des cinéastes s’engagent dans des pratiques écologiques qui conduisent vers un décentrement du privilège attribué à l’humain. Les cinéastes expérimentaux œuvrent à élargir notre regard sur la nature et leurs films réalisent peu à peu des perceptions non humaines : un « voir animal », du regard complice d’un chat de compagnie à l’œil multifacettes d’une abeille, un « sentir végétal », de la photosynthèse du pissenlit à la délicatesse d’une Mimosa pudica.

Ces films expérimentaux dont la fabrication requiert ingéniosité et poésie invitent à découvrir de nouveaux sens perceptifs chez l’animal ou le végétal, à s’émerveiller, à renouer un lien avec les autres formes du vivant tout en participant d’une recherche philosophique et scientifique contemporaine sur ces questions. Les méthodes de production de ces films sont le terrain d’une écologie politique grâce à des alternatives artisanales au productivisme, des regroupements en collectifs écoresponsables et une exploration de procédés sur support argentique comme la « phytographie » ou « l’écodéveloppement ».

Ce cycle accompagne la publication de l’ouvrage collectif Expanded Nature - Écologies du cinéma expérimental sous la direction de Elio Della Noce et Lucas Murari aux Light Cone Editions.

Programme

samedi 26 novembre 2022

L'animal que donc je suis

En présence d’Elio Della Noce et d’Anne Simon, directrice de recherches en littérature au CNRS, initiatrice de la recherche en « zoopoétique ».

Cette première séance part de notre expérience la plus familière des mondes animaux. Chats et chiens, vaches et chevaux font ici connaissance avec l’humain dans une relation intime dont l’origine est le regard. Par la caméra décentrée des cinéastes expérimentaux, voici que nous découvrons ce que voient nos animaux domestiques : les ombres et les reflets, la texture et la granularité des objets, les désirs ensauvagés et les souvenirs, les sentiments contenus et les rêves, nous tournant vers la richesse et la profondeur d’un « être animal ». Ces films sont autant de « journaux filmés » par les cinéastes dans leur environnement proche et socio-naturel : depuis leur appartement, le parc où les cinéastes amènent leur chien jouer, leur confrontation avec une vache qui rumine dans le champ, leur échange avec deux corbeaux qui nichent devant la fenêtre, jusqu’à la rencontre fortuite avec une biche à la lisière de la ferme. Voir l’animal n’est-il pas - jeu du chat et de la souris - être vu par lui ?

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samedi 10 décembre 2022

Percevoir en insectes

En présence d'Elio Della Noce et de Benoît Grison, biologiste et sociologue des sciences, spécialiste en neurosciences comportementales, en ethnozoologie et en épistémologie des sciences de la vie.

Après avoir exploré l’intimité du regard des animaux familiers, les cinéastes se portent ici vers la complexité de la perception des insectes. Le cinéma expérimental et son penchant « synesthésique » offrent de jouer avec un vaste répertoire perceptif : des dispositifs de prise de vue (caméras-sténopé artisanales, loupes), des techniques d’animation « sans caméra » (collages argentiques, « phytographie »), des prises de son environnementales etc. Cet ensemble de techniques conçues par les cinéastes visite le large champ perceptif des insectes et exprime leur étrange manière de réaliser un maillage du vivant. Ces films traduisent donc, par leur artisanat propre, les fréquences, les formes et les couleurs d’images perçues par une abeille, les rayonnements électromagnétiques captés par les ocelles d’une chenille, la photoluminescence des lucioles et la cosmologie rêvée d’un papillon de nuit. À noter que le film de Karel Doing, The Mulch Spider’s Dream (2018), sort du règne exclusif des insectes et ouvre à la perception moléculaire d’une « araignée de paillis ».

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samedi 14 janvier 2023

Sentir comme une plante

En présence d’Elio Della Noce.

Pour cette troisième et dernière séance, le regard délaisse un temps le monde animal pour se tourner vers la sentience des plantes. De la graine, du pétiole, des pétales et des feuilles, comment les cinéastes disséminent-t-ils cette « intelligence des plantes » qui s’incarne en une variété de sens perceptifs ? Pour cela, le cinéma expérimental offre des correspondances surprenantes entre les processus biochimiques du végétal et les processus techniques du film sur support argentique. De la photosynthèse d’une feuille au « phytogramme » qui l’imprime en négatif sur le celluloïd, des « collages-herbiers » aux techniques d’animation en-caméra de « bouquets cinématographiques », des « photogrammes » de pétales aux propriétés photosynthétiques qui président à la perception de leur couleur. Cette séance appelle à une méditation sur notre interrelation avec les plantes, en s’efforçant de ne pas froisser leur susceptibilité !

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Infos pratiques

Horaire : 15 h - Durée : 1 h 30.
Lieu : Auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Réservation en ligne conseillée.