Film

Dimanche 16 juin 2019

Projection du film « Nénette » en présence du réalisateur Nicolas Philibert.

Horaires

11 h

Publics

Tout public

Accès

Amphithéâtre verniquet

57 rue Cuvier
75005 Paris

Séance exceptionnelle pour les 50 ans de Nénette

Nénette
Nicolas Philibert / 70 min. / 2009

Née en 1969 dans les forêts de Bornéo, Nénette vient d’avoir 50 ans. Ce n’est pas rien… Il est rare qu’un orang-outan atteigne cet âge-là ! Pensionnaire à la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris, depuis 1972, elle voit, chaque jour, des centaines de visiteurs défiler devant sa cage. Naturellement, chacun y va de son petit commentaire…

Projection du film en présence du réalisateur Nicolas Philibert suivi d’un échange avec le chef soigneur et le directeur de la Ménagerie, Michel Saint Jalme. 

Rendez-vous à l’Amphithéâtre Verniquet du Jardin des Plantes.

À propos du film

« Je voulais filmer Nénette de manière frontale, à travers la vitre de sa cage, comme la voient les visiteurs. Capter ces moments troublants, comme suspendus, hors du temps, où elle nous regarde, elle aussi. Bien sûr, j’ai filmé un peu les trois autres, Tübo, Théodora et Tamü : ils partagent le même espace qu’elle ; mais dans le film, je ne leur ai pas fait la même place. Priorité à Nénette. Et pourtant, à première vue, c’est la plus discrète. Elle est souvent en retrait, à demi enfouie sous la paille, dans son nid, où elle peut faire de très longues siestes. Elle s’économise, sans doute… vu son âge ! Mais à bien y regarder, elle a quelque chose en plus. Une présence. Une gravité. Une souveraineté ! Une manière à elle de regarder le visiteur et de lui renvoyer sa supériorité, son voyeurisme à la figure. »

« Le film repose sur une disjonction entre l’image et le son, de sorte qu’on voit les animaux sans jamais les entendre, et qu’on entend les humains sans jamais les voir. Il n’y a pas de contre champ. La bande son entrelace plusieurs types de parole : les commentaires spontanés des visiteurs qui passent, des familles, des couples, des groupes, des grappes d’écoliers, des touristes étrangers, des promeneurs solitaires… Mais j’ai aussi fait parler les soigneurs, en particulier les anciens : ils ont vu grandir Nénette et connaissent son histoire. Enfin, j’ai demandé à quelques amis de venir, et j’ai enregistré leurs réactions… »

« C’est un film sur le regard,la représentation. Derrière sa vitre, Nénette est un miroir. Une surface de projection. La confidente idéale : elle garde tous les secrets. »

 

Nicolas Philibert

Nénette - Femelle orang-outan © MNHN - F-G. Grandin

Nicolas Philibert

Nicolas Philibert est né à Nancy en 1951.

En 1978, il co-réalise avec Gérard Mordillat un premier long-métrage documentaire, « La Voix de son maître », dans lequel une douzaine de patrons de grands groupes industriels parlent du commandement, de la hiérarchie, du pouvoir, esquissant peu à peu l’image d’un monde futur gouverné par la finance.

De 1985 à 1987, il tourne plusieurs films de montagne et d'aventure sportive pour la télévision, puis se lance dans la réalisation de longs métrages documentaires qui seront tous distribués en salles : « La Ville Louvre » (1990), « Le Pays des sourds » (1992), « Un animal, des animaux » (1995), « La Moindre des choses » (1996) - à la clinique psychiatrique de La Borde - ainsi qu’un film-essai avec les élèves de l’école du Théâtre National de Strasbourg : « Qui sait ? » (1998).

En 2001, Nicolas Philibert réalise « Être et avoir », sur la vie quotidienne d'une école « à classe unique » dans un petit village d’Auvergne. Prix Louis Delluc 2002, ce film connaîtra un immense succès en France et dans le monde entier.

Avec « Retour en Normandie » (2007), il revient sur les traces du tournage de « Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… » de René Allio, réalisateur grâce auquel il fit ses premiers pas dans le cinéma.

« Nénette » est sorti en salles en 2010.

Avec « La Maison de la radio » (2013), il nous plonge au cœur de Radio France, à la découverte de ce qui échappe habituellement aux regards : les mystères et les coulisses d’un media dont la matière même, le son, est invisible.

 « De chaque instant » (2018), tourné au sein d'un Institut de Formation en Soins Infirmiers, a été nommé aux César dans la catégorie « Meilleur documentaire ».

Un coffret DVD regroupant l’ensemble de ses films vient de sortir aux Éditions Blaq Out.

Nicolas Philibert  © www.nicolasphilibert.fr

Autour de cet événement

Nénette - Femelle orang-outan © MNHN - F-G. Grandin
Dimanche 16 juin 2019