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FIAC Hors les murs 2014 © Czesznak Zsolt - Shutterstock.com
FIAC Hors les murs 2014 © Czesznak Zsolt - Shutterstock.com
Exposition

FIAC Hors les murs 2014

Cette exposition est terminée

17 octobre - 24 novembre 2014

Avec plus d’une vingtaine d’artistes et des œuvres créées, pour la plupart en 2014, cette nouvelle édition de la FIAC Hors les Murs au Jardin des Plantes est foisonnante !

Horaires

Terminé

7 h 30 - 20 h

Dernière entrée 15 minutes avant la fermeture.

Publics

Tous publics

Accessible aux visiteurs à mobilité réduite

Accès

Jardin des Plantes

36, 38, 40 rue Geoffroy Saint-Hilaire
2, 8, 10, 18 rue Buffon
47, 57 rue Cuvier
Place Valhubert
75005 Paris

Tarifs

Gratuit

Une fois encore, les missions et collections du Muséum, l’originalité de ses sites, ont permis à ces artistes, confirmés ou en devenir, l’opportunité de nous offrir des créations subtiles, surprenantes, toujours inattendues au détour d’une allée, dans la majestueuse perspective du Jardin, en plein cœur de la Grande Galerie de l’Évolution ou encore dans la Ménagerie…

Un parcours captivant vous attend donc, une proposition "pas comme les autres" où l’art contemporain épouse une fois encore avec merveille les sciences naturalistes.

Printemps (Faune de cerf) - Julien Salaud

Œuvre de Julien Salaud, 2014. Structure en bois, peaux de chevreuil, fils de perles, taxidermie de chevrette, clous et fils de coton // 347 x 106 x 246 cm, présentée par la Galerie Suzanne Tarasiève, Paris

Né en 1977, Julien Salaud vit et travaille à Orléans. L’an dernier, il présentait l’œuvre Printemps (Nymphe de cerf) au Muséum national d’Histoire Naturelle. 2014 marque la métamorphose de cette pièce, une mue vers un état hybride mi humain, mi animal. La Nymphe devient Faune, un corps de cerf accueillant un buste humain. Évocation du mythologique Centaure, le Faune de cerf introduit dans le travail de Julien Salaud un mode de narration proche des légendes, amplifiant les items créés par l’imaginaire de chacun.

Augurii - Romina de Novellis et Luc Petton

Performance et installation de Romina de Novellis et Luc Petton, 2014. Dimensions variables. Présentée par la Galerie Laure Roynette, Paris. Avec le soutien de Le Guetteur, Vol en Scène, Groupe 360, T. Gadou, Coton Doux

L’œuvre met en scène le dialogue corporel et mental entre une femme, Romina De Novellis, incarnant l’humanité dans sa fragilité, et des vautours, symboles tautologiques de la rapacité et des élans carnassiers (de ces animaux certes mais, pourquoi pas, des hommes aussi). On peut aussi voir dans cette œuvre complexe et métaphorique, la représentation d’un certain duel où l’humain finit par dompter sa part d’ombre. Une lecture plus marxisante y verra le combat victorieux de l’humain contre un capitalisme financier incarné par ses fonds vautours.

Sans titre - Vincent Mauger

Œuvre de Vincent Mauger, 2012. Bacs plastique découpés / 330 x 330 x 330 cm, présentée par la Galerie Bertrand Grimont, Paris

Vincent Mauger est né en 1976 à Rennes. Il vit et travaille près de Nantes. Réalisées à partir de matériaux de construction, briques, parpaings, bacs plastique, les sculptures de Vincent Mauger, dont elles transcendent le caractère ordinaire, concrétisent un espace mental rendu praticable pour le public. L’assemblage de ces matériaux permet à l’artiste d’adapter ses œuvres à l’espace et de jouer sur des question d’échelles. Créant dans son travail un parallèle évident entre sculpture et architecture, Vincent Mauger conçoit une nouvelle installation grise, impénétrable, opaque et irrégulière. On tourne autour, elle résiste au regard, nous toisant d’une tête. L’aspect monolithique de l’œuvre contraste avec les multiples casiers plastiques qui la composent. Ces unités reconnaissables ne suffisent pas à effacer l’impression d’étrangeté que dégage cette forme aléatoire, résultat à la fois d’une compilation, d’une action d’assemblage suivie d’une entreprise d’érosion et de fragmentation.

Totems - Laurent Le Deunff

Œuvre de Laurent Le Deunff, 2007. Chêne / 256 x 50 x 50 cm ; 280 x 50 x 46,5 cm ; 255,5 x 50 x 46,5 cm ; 255,5 x 47,5 x 200 cm, Présentée par la Galerie Semiose, Paris

Laurent Le Deunff est né en 1977. Il vit et travaille à Bordeaux. Avec cet ensemble de quatre sculptures monumentales en chêne bicentenaire, il opère un passage entre le registre infantile de l’objet familier et celui de la sculpture animalière. Ces quatre trophées, réalisés à l’issue d’un séjour au Canada, qui représentent des têtes d’ours, d’élan, de morse et de narval surmontant le fût parallélépipédique d’une colonne, font à la fois référence à des totems amérindiens et aux distributeurs de bonbons PEZ. Les sculptures de Laurent Le Deunff reprennent souvent des archétypes, menhir, grotte, wigwam, animaux emblématiques, et font écho à leur perception ancestrale, voire à leur éventuelle puissance chamanique dans une forêt primitive vue par des yeux d’enfant. Le sujet est traité par décalage avec des matériaux sans rapport avec l’objet et des échelles arbitraires qui inversent la trivialité de l’objet représenté et bousculent les catégories.

Bug’s Life - Bertrand Planes

Œuvre de Bertrand Planes, 2007-2014, balises de jardin solaires et buzzer piézo / dimensions variables, présentée par New Galerie, Paris

Bertrand Planes, né en 1975 à Perpignan, vit et travaille à Paris. Bug’s Life est une œuvre sculpturale destinée à être installée en extérieur. Elle est constituée de 91 balises solaires plantées au sol. Chaque balise est modifiée et équipée d’un buzzer piézo. Chaque buzzer émet un « bip » dont la fréquence et le volume dépendent de la lumière impactant les capteurs solaires de la balise. Aucune ne reçoit exactement la même quantité de lumière, pour des raisons de construction du panneau et d’orientation de la balise. La sculpture dans son ensemble constitue une « grille » dont l’activité sonore reflète les conditions atmosphériques. Le son évoque celui d’une nuée d’insectes. Si le dispositif est simple, binaire, les variations de chaque balises créent un effet sonore global qui émule la complexité organique.

1989/003 - Claude Viallat

Œuvre de Claude Viallat, 1989. Filet élastique rouge et nœuds trempés bleu, 500 x 900 cm, présentée par la Galerie Bernard Ceysson, Paris, Saint-Étienne, Genève, Luxembourg | (OFF)ICIELLE

Dans l’œuvre de Claude Viallat, la répétition de la forme va de pair avec le nouage à intervalles réguliers de cordes. Les nœuds s’y intègrent tels des avatars en relief de la forme identifiante et générique qui peuple de ses innombrables variétés les toiles de l’artiste. Les cordes nouées impliquent les filets qui, eux-mêmes, impliquent les cordes nouées. Suspendus, les mailles des filets “figurent” l’absence de la forme, sa présence évidée, suggérée par son contour évoque par les cordes nouées organisant le maillage du filet. Ce maillage met en exergue le fil et son nouage, à l’origine du tissage et du tressage, c’est-à-dire les structurations primaires de l’abri, du vêtement et de l’architecture première des sédentaires. Mais il propose une organisation souple, pragmatique de la nature et du réel, opposée à l’ordre implacable, norme, des quadrillages générateurs de la perspective et des appareils de contrôle et de visée.

Scissure signal - Pierre-Alexandre Rémy

Oeuvre de Pierre-Alexandre Rémy, 2014. Acier peint, élastomère teinte dans la masse 700x400x170 cm, présentée par la Galerie Isabelle Gounod, Paris | (OFF)ICIELLE

Scissure signal est une sculpture, qui joue le contrepoint avec son espace de présentation, la pelouse des Grandes Serres, quatre serres à armature métallique, restaurées depuis 2010. Ici les couleurs très denses, à fort caractère industriel, s’opposent à la gamme végétale et architecturale, aux teintes moins saturées. Son dessin, en courbes d’acier et d’élastomère entrelacées, s’inscrit dans l’environnement très orthonormé du jardin et des serres, constructions réalisées en verre et métal. D’ampleur pourtant importante, la sculpture ne s’impose pas de manière monolithique à son environnement. Poreuse à celui-ci, elle le laisse transparaître et l’éclaire d’un autre point de vue.

Scissure signal - Pierre-Alexandre Rémy © MNHN - Catherine Ficaja
Scissure signal - Pierre-Alexandre Rémy © MNHN - Catherine Ficaja

Écho au chaos - Pierre-Alexandre Rémy

Œuvre de Pierre-Alexandre Rémy, 2014. Acier peint, grès émaillé 850 x 300 x 275 cm, présentée par la Galerie Isabelle Gounod, Paris | (OFF)ICIELLE

Pierre-Alexandre Rémy est né en 1978 à Poitiers. L’artiste présente dans la perspective centrale du Jardin des Plantes, la sculpture Écho au chaos comme un contrepoint à l’architecture néo-classique et très dépouillée du bâtiment principal de la Grande Galerie de l’Évolution, à la perspective à la française, rigoureuse, présente dès l’origine du jardin au XVIIe siècle. Une sculpture, une forme toute en circonvolutions, entourant un noyau de céramique émaillée, vient dessiner en creux, inscrire sa dynamique dans cette topographie classique, en écho au chaos lointain de l’ensemble des jardins paysagers situés au nord du Jardin des Plantes et mises en place entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Sculpture de l’artiste dont le tracé semble se jouer d’une certaine austérité de la grande perspective, en écho à la végétation riche et luxuriante, à la présence tellurique des minéraux non loin de là.

Plane Tree Mantra - Charwei Tsai

Performance de Charwei Tsai, 2014. Performance, dessin à l’encre sur tronc d’arbre, présentée par mor.charpentier, Paris | FIAC

Lors d’une intervention in situ, Charwei Tsai calligraphie le soutra du cœur, un texte bouddhique fondamental, sur le tronc d’un arbre historique et emblématique du Jardin des Plantes : le platane d’Orient, planté en 1785 par Buffon. Le soutra du cœur, que l’artiste a appris par cœur pendant son enfance à Taïwan, constitue un pilier de la sagesse bouddhiste, évoquant l’évanescence de toute chose. C’est en caractères calligraphiques chinois que Charwei Tsai inscrit ces mots sur le tronc du platane de Buffon. Le public est invité à assister au processus d’écriture, et à observer le geste long et appliqué de la calligraphie, symbolisant la rencontre entre la mémoire d’une personne, celle d’une pensée millénaire, et celle d’un arbre vieux de plus de deux siècles.

Losing Control - Yuan Gong

Œuvre de Yuan Gong, 2014. Éléments métalliques tubulaires, filets de sécurité et pièces de connexion issus d’un échafaudage démantelé 800 x 500 x 500 cm, présentée par Tianrenheyi Art Center, Shanghai | (OFF)ICIELLE

Yuan Gong est né à Shanghai, en 1961. Losing Control est un échafaudage démantelé dont les éléments métalliques et filets de sécurité ont été réarrangés pour former une œuvre monumentale. En 2013, l’atelier de l’artiste a subi une démolition forcée en raison de nouveaux projets d’urbanisation de la ville de Shanghai. Impuissant, l’artiste a alors utilisé les matériaux laissés sur le lieu de la démolition comme base pour une nouvelle série d’œuvres. À partir d’une histoire personnelle, Yuan créé une nouvelle narration proposant une réflexion sur les profondes transformations urbaines et sociales touchant la Chine d’aujourd’hui. En proposant une esthétique subtile, il aborde également les thèmes de mémoire et d’identité, de destruction/reconstruction déjà abordés dans ses œuvres précédentes.

Amabilis Insania. The pleasing delusion - Folkert de Jong

Oeuvre de Folkert de Jong, 2013. Bronze Dimensions variable, présentée par la Galerie Dukan, Paris, Leipzig | (OFF)ICIELLE

Folkert de Jong est né en 1972 à Egmond aan Zee aux Pays-Bas. Il vit et travaille à Amsterdam. Les trois œuvres regroupées sous le nom Le Duel traitent de la cohérence, du contraste, du conflit entre la nature et l’art, entre l’homme et la femme, entre l’économie et la culture, et surtout entre l’Homme et lui-même. Les deux figures symbolisent le développement phénoménal de l’humanité à la fin XIXe siècle avec la révolution industrielle et ses conséquences sur notre monde actuel en ce qui concerne la création et l’idée d’un monde en train de se faire. Avec toute l’élégance théâtrale que convoque la pratique du duel à l’ancienne pour régler ses comptes, le coup de feu pourrait d’un côté évoquer un cycle autodestructeur qui se déclenche et de l’autre un catalyseur utile pour développer un regard critique sur notre propre moralité. La table avec la nature-morte est ainsi un témoin silencieux d’une vulnérable intemporalité comme une nature-morte de Cézanne accrochée dans un musée ; un symbole du désir humain de stopper le temps et le processus de décomposition naturelle.

Blue Angel (Korean) - Michelle Lopez

Œuvre de Michelle Lopez, 2014. Acier inoxydable miroir, peinture automobile Dimensions variables, présentée par la Galerie Christophe Gaillard | (OFF)ICIELLE

Michelle Lopez vit et travaille à Brooklyn et enseigne à l’Université de Yale, au département de sculpture de la School of Art. Ses œuvres sont composées de panneaux d’acier inoxydable et d’aluminium aux propriétés réfléchissantes, dont l’intérieur est recouvert de singulières bandes de peinture automobile. Leur couleurs primaires évoquent les compagnies aériennes commerciales (bleu profond de Korean Air, rouge Delta, bleu United Royal). Si leur taille extraordinaire et leurs surfaces réfléchissantes empruntent au minimalisme, leur légèreté incroyable et leur absence totale d’esbroufe semblent en rejeter les caractéristiques de fabrication industrielle et d’autorité imposée. Ces formes plissées, évoquant le fuselage d’un avion après un crash, les tours jumelles et les assemblages de compressions automobiles de John Chamberlain, rappellent le traumatisme du 11 septembre, ou encore le spectre de notre peur des nouvelles technologies (utilisées comme armes meurtrières).

On The Sidewalk - Julian Charrière

Œuvre de Julian Charrière, 2014. Carottes de forage, colliers de serrage en acier, dimensions variables, présentée par Bugada & Cargnel, Paris | FIAC

Julian Charrière est né en 1987 en Suisse et vit et travaille à Berlin. Son travail oscille entre recherche scientifique et artistique, abordant des thèmes liés à la géographie et à l’environnement. On The Sidewalk est composée de carottages géologiques prélevés de la mer du Nord à la Méditerranée. Ces derniers sont coupés, réorganisés et mis bout à bout à l’horizontale, telle une frise chronologique subjective. Charrière compare ici deux modes d’écriture de l’Histoire, l’un géologique, l’autre géopolitique. Il bascule un échantillonnage du temps scientifique vertical et en présente une synthèse horizontale, raccourcie et subjective.

Rosée - Didier Marcel

Œuvre de Didier Marcel, 2014. Installation modulable créée pour la roseraie du Jardin des Plantes. Édition spéciale de 300 perles en cristal colore Swarovski 25x8 m. Œuvre réalisée avec le soutien de Swarovski et de la Galerie Michel Rein, Paris | FIAC

La maison Swarovski et la FIAC ont lancé un appel a projet aux galeries, pour la réalisation d’une installation dans le Jardin des Plantes. C’est la proposition délicate de l’artiste Didier Marcel qui a retenu leur attention : l’œuvre intitulée Rosée joue sur une analogie sémantique en présentant des perles et des gouttes en cristal de différentes tailles, déposées dans la roseraie du jardin. Fragments de toile d’araignée surnaturelle sur laquelle on devinerait le passage d’une pluie géante, Rosée se glisse dans le site comme un deuxième paysage, modifie son échelle, et renouvelle la perception de cet espace botanique ouvert et fragile.

L’envers du vide, laissé par la pierre de l’entrée - Laurence de Leersnyder

Œuvre de Laurence De Leersnyder, 2013. Résine, élastomère, métal, bois 80x100x280 cm ; 80x100x280 cm, présentée par la Galerie Laurent Mueller, Paris | (OFF)ICIELLE

Laurence De Leersnyder est née en 1979 à Clamart, France. Elle vit et travaille à Paris. D’une grotte située en contrebas du campus HEC, l’artiste a prélevé une empreinte. Construite artificiellement à partir de pierres meulières déterrées sur le site, cette grotte témoigne de la tradition des fabriques de jardin du milieu du XVIIIe siècle. Ce moule, en résine et élastomère, dévoile le négatif de la roche, révélant, comme le nomme l’artiste, son “volume en creux”. Si l’inversion des reliefs fait songer à un moulage, les infinis détails de l’empreinte nous donnent le sentiment d’un artefact. L’artiste joue de cette ambigüité, à l’instar des moulages “d’après nature” ou des fausses concrétions des constructions maniéristes qu’elle affectionne. Est-ce un décor artificiel ou réellement une empreinte ? Une incertitude déjà présente dans la grotte, dont l’œuvre de Laurence De Leersnyder témoigne. (Marie Cantos)

Tales of a Sea Cow - Étienne de France

Œuvre d'Étienne de France, 2012. Vidéo HD stéréo et couleur, 58 minutes, 3 tirages jet d’encre, 3 impressions 3D (technique SLS), installation et sculpture (matériaux divers), présentée par COAL, Coalition pour l’art et le développement durable.

Ce projet a obtenu l’aide du Centre national du cinéma via le dispositif DICReAM et a été co-produit par le Parco Arte Vivente à Turin. Né en 1984, Étienne de France vit et travaille à Paris. Tales of a Sea Cow est une narrationaux limites du réel et de la fiction. Le récit décrit des recherches scientifiques fictives qui auraient abouti à la redécouverte d’une espèce de mammifère marin (la rhytine de Steller) le long des côtes du Groenland, éteinte depuis le XVIIIe siècle suite aux excès de la chasse intensive. Le film retrace le processus des recherches et offre un commentaire contextuel et méthodologique des enregistrements sous-marins et de leur analyse. Il est une métaphore de nos interprétations de la nature et révèle la portée des projections imaginaires sur notre environnement. Tales of a Sea Cow est également une installation sonore composée de sculptures, d’instruments scientifiques inventés, de photographies et de dessins.

Structures productives - Nicolas Floc'h

Œuvre de Nicolas Floc'h, 2010-2014. Sculptures en béton, valchromat, dimensions variables, présentée par COAL, Coalition pour l’art et le développement durable.

Né en 1970 à Rennes, Nicolas Floc’h vit et travaille à Paris. Depuis 2010, il développe un travail autour des récifs artificiels, véritables architectures immergées destinées à recréer des écosystèmes. “Au croisement de la sculpture, de l’architecture, du paysage, de la photographie et de la recherche scientifique, l’art de Nicolas Floc’h pose également des questions de nature plus politique en ce qu’elles touchent à l’espace et à l’usage auquel les Hommes le soumettent, à des manières d’agir sur le réel autant qu’aux moyens de le représenter. Arrachant aux régions aveugles des formes utiles qu’il assigne à la gratuité de la contemplation esthétique, il décide tout autant de ce qui peut être abstrait de la délectation et dévolu à la plus exigeante et à la plus inattendues des fonctions, à laquelle rarement l’art n’ose même plus songer, celle de participer directement à la régénérescence des biotopes c’est-à-dire à la survie des espèces.” Extrait de : De l’usage de l’art, par Jean-Marc Huitorel. Semaine Nicolas Floc’h, le Récit d’If. Château d’If / FRAC PACA.

Nuit étoilée (Mont à la chevrette) - Julien Salaud

Œuvre de Julien Salaud, 2014. Taxidermie de chevrette, bandelettes de plâtre, fils de perles 347 x 200 x 200 cm, présentée par la Galerie Suzanne Tarasiève, Paris.

Né en 1977, Julien Salaud vit et travaille à Orléans. Nuit étoilée (Mont à la chevrette) s’inscrit dans le prolongement des recherches initiées par l’artiste depuis quelques années et inspirées par l’ethnoastronome Chantal Jegues-Wolkiewiez. Pour cette dernière les peintures zoomorphes de la Salle des Taureaux de la grotte de Lascaux reprendraient les dispositions des étoiles dans le ciel. Dans l’œuvre de Julien Salaud, le tipi serait une sorte d’abris, de montagne renfermant l’animal, entièrement couvert d’un réseau de clous reliés entre eux par du fil blanc. L’animal devient symbole de constellation, explorant la possibilité des rapports humains, astres et bêtes comme les relations qu’entretiennent les Hommes avec le vivant, qu’il s’agisse de l’animal ou de leur propre corps.

Le jugement dernier XV et Mama Africa - Barthélémy Toguo

Œuvres de Barthélémy Toguo, 2012. Jugement dernier XV, aquarelle sur papier marouflé sur toile, 250x240 cm, présentée par la Galerie Lelong, Paris, New York et Bandjoun Station | FIAC. Mama Africa, tapis, sculptures en bois Présentée par la Galerie Lelong, Paris, New York et Bandjoun Station | FIAC.

Jugement dernier XV

Barthélemy Toguo, artiste polymorphe, est né au Cameroun en 1967. Il vit et travaille à Paris et à Bandjoun. La grande aquarelle Le Jugement dernier XV, fait partie d’un cycle qui met en scène l’Homme et la Nature. La terre, mère nourricière, est symbolisée par l’arbre fait d’un lavis d’encre rouge, représentant à la fois la vie et la mort. De la bouche des crânes criblés de clous, sortent des feuilles qui attestent l’idée de l’éternel recommencement.

 

Mama Africa

Barthélemy Toguo a crée à Bandjoun, au Cameroun, un projet artistique à but non lucratif qui porte le nom de “Bandjoun Station”. Ce lieu, unique et précurseur, allie culture et agriculture. Fervent défenseur de l’autosuffisance alimentaire qu’il considère comme un acte politique fort, l’artiste dénonce ce que Leopold Sedar Senghor formulait dès les années 70 “comme une détérioration des termes de l’échange”, où les prix à l’export imposés par le Nord pénalisent et appauvrissent durablement les agriculteurs du Sud.

Jugement dernier & Mama Africa - Barthélémy Toguo © MNHN - Catherine Ficaja
Jugement dernier & Mama Africa - Barthélémy Toguo © MNHN - Catherine Ficaja

Purge - Kate MccGwire

Œuvre de Kate MccGwire, 2014. Technique mixte & plumes de pigeon sur container en métal 150 x 98 x 98 cm, présentée par La Galerie Particulière, Paris, Bruxelles | (OFF)ICIELLE.

Kate MccGwire, née en 1964, vit et travaille à Londres. Le travail de l’artiste interroge la nature même de la beauté, plus complexe que le simple plaisir des sens. Une grande partie du travail de Kate MccGwire fait référence à Freud, et à son concept d’“Unheimlich” (l’étrange, ou littéralement, l’inhospitalier) ; à l’idée, pour citer Freud, “d’un espace où le familier peut en quelque sorte susciter la peur”. Le travail de Kate MccGwire est également exposé à la Fondation Sommer – Musée de la Chasse & de la Nature.

Purge - Kate MccGwire © MNHN - Catherine Ficaja
Purge - Kate MccGwire © MNHN - Catherine Ficaja

The Blind Leading the Blind

Œuvre de Peter Buggenhout, 2014. Poussière, métal, polystyrène, plastique, toile polyester, mousse de polyuréthane 234 x 270 x 200 cm, présentée par la Galerie Laurent Godin, Paris | (OFF)ICIELLE.

Né en 1963 en Belgique, Peter Buggenhout vit et travaille à Gand. Ses œuvres tendent vers une abstraction difforme suscitant à la fois fascination et effroi. L’artiste confère aux matériaux industriels qu’il assemble une qualité quasi-organique, interrogeant ainsi notre conception d’une soi-disant nature. Ces sculptures synonymes d’instabilité sous-tendent les relations complexes de l’Homme à son environnement à l’ère de l’Anthropocène. La sculpture The Blind Leading the Blind ne s’inscrit par son aspect, dans aucune temporalité identifiable, tout en s’apparentant paradoxalement à un objet archéologique du passé ou du futur, présageant ainsi l’idée d’un temps qui nous survivra.

The Blind Leading the Blind - Peter Buggenhout © MNHN - Catherine Ficaja
The Blind Leading the Blind - Peter Buggenhout © MNHN - Catherine Ficaja

Géographie transitoire - Benoît Pype

Œuvre de Benoît Pype, 2011. Feuilles de paulownia et de philodendron, dimensions variables, présentée par la Galerie Aline Vidal, Paris.

Benoît Pype est né en 1985, il vit et travaille à Paris. Chaque feuille de Géographie Transitoire représente le plan d’une ville, réalisé à l’aide d’une découpeuse numérique laser. L’artiste entend établir un rapprochement formel et conceptuel entre les différents aspects des réseaux urbains et les variations géométriques des nervures d’une feuille d’arbre. La superposition des nervures végétales et des réseaux urbains produisent un nouveau support. Les feuilles présentées à plat se déforment progressivement et des reliefs imprévisibles apparaissent. Les villes se font et se défont lentement, déployant ainsi une géographie fictive et éphémère.

Géographie transitoire - Benoît Pype © MNHN - Catherine Ficaja
Géographie transitoire - Benoît Pype © MNHN - Catherine Ficaja

Le temps qui reste - François Bucher et Lina Lopez

Œuvre de François Bucher et Lina Lopez, 2014. Socles en bois et métal, cloche en verre, fil de nylon, ventilateur et lumière led, graine d’arbre. Dimensions variables, présentée par la Galerie Proyectos Monclova, Mexique | FIAC.

François Bucher est né en 1972 et Lina Lopez est née en 1977 en Colombie. Ils vivent et travaillent entre Berlin et Paris. Depuis 2013, ils collaborent sur des projets artistiques qui cherchent à déconstruire la hiérarchie du savoir contemporain établi par une science exclusivement matérialiste. Ils font appel à une compréhension de L’Homme et la Nature dans un cycle millénaire, pour sortir d’une perspective unidimensionnelle et pour rentrer dans un mode de pensée multidimensionnel. Le temps qui reste fait référence à un mythe de création Kogi où l’on décrit un arbre sacré : Quand le vent touche ses feuilles, elles deviennent des papillons, quand un éclaire l’atteint, ses fragments restent en flottant dans l’air. Le mythe est une histoire surnaturelle qui est toujours en relation à l’origine. Il parle d’un temps qui contient d’autres temps, ou un temps qui reste.

Si no lo veo no lo creo - Pilar Albarracin

Œuvre de Pilar Albarracin, 2011-2014. Deux paires de lunettes d’observation métalliques, vidéos. 167 x 87 x 57 cm. Présentée par la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris | FIAC.

Pilar Albarracin est née à Séville en 1968. Elle vit et travaille à Madrid en Espagne. Le travail de l’artiste se concentre essentiellement sur les clichés incarnant l’identité andalouse, son folklore et ses traditions populaires, mais aussi le rôle que la femme y tient dans la distribution du pouvoir ou les fêtes collectives. Avec humour, elle se met régulièrement en scène dans des performances, des photographies et des vidéos. Si no lo veo, no lo creo (il faut le voir pour le croire) s’intègre dans le paysage urbain et propose au spectateur de façon légère et discrète de porter un regard différent sur le monde. En effet, notre regard est conditionné et contrôlé par le tourisme. Lorsqu’il se plonge dans les lunettes attendant d’y découvrir un “panorama”, il est ludiquement “redirigé” vers des saynètes animées, muettes et drolatiques inspirées des cartes postales kitsch qui pullulent en Espagne. Ainsi, l’artiste devient tour à tour danseuse de flamenco, torera ou jeune fiancée.

L’homme est un animal parmi les autres

La FIAC et le Muséum national d’Histoire naturelle ont organisé, à l'occasion de la FIAC Hors les murs 2014 au Jardin des Plantes, deux tables rondes autour du thème "L’Homme est un animal parmi les autres" en collaboration avec COAL (Coalition pour l'Art et le Développement durable).

Chaque table ronde propose un dialogue entre un artiste, un scientifique du Muséum et un penseur autour des interactions entre l’art, la science et l’engagement. En 2014, les artistes Michel Blazy et Barthélémy Toguo ont souhaité s’engager dans ces rencontres

Chaque grand changement d’époque a été caractérisé par un changement de la hiérarchie de nos représentations. Après la révolution  copernicienne qui révéla que le soleil était au centre de l’univers et non la Terre, puis l’évolution des sciences permettant de découvrir que le soleil n’était pas le centre de l’univers mais d’une frange de la Voie lactée, aujourd’hui nous découvrons que l’humanité n’est pas le centre et la finalité de l’évolution, mais un élément dans un tout, autrement plus complexe.

L’Homme est un animal parmi les autres, et l’écologie, par son analyse systémique, nous montre via les interrelations entre les espèces que l’Homme n’a pas une place privilégiée et particulière en dehors des chaînes trophiques. L’humanité n’est pas un empire dans un empire, quand bien même notre espèce est devenue une force géologique, l’espèce à l’impact le plus important de l’histoire du vivant.

Ainsi l’humanité est intégralement partie prenante avec l’ensemble des flux géophysiques de la nature et l’ensemble de la chaîne trophique quand bien même elle détourne un maximum de sa productivité à son seul bénéfice. Ainsi l’Homme est un animal parmi les autres. Cette simple assertion révolutionne la représentation du vivant et nécessite de réviser la façon dont nous nous projetons dans la nature. Elle s’appuie sur les récentes recherches scientifiques des écologues et a de nombreuses implications d’un point de vue éthique. D’ailleurs il est presque ironique de remarquer que par ces analyses les plus contemporaines, cette représentation renoue avec les traditions anciennes, des cultures sur lesquelles nous pouvons prendre appui pour renouveler notre perception du monde. Enfin il sera question du travail des artistes de pouvoir intégrer les conséquences de cette assertion sur nos représentations et proposer une nouvelle vision du vivant, où l’Homme a une place certes prépondérante en quantité d’interactions et d’impacts, mais pas différente en nature.

Il n’y a guère que les espèces commensales (mouches domestiques, cafards, pigeons) qui se sont prise d’affection pour l’humanité. Les autres perçoivent les humains comme des animaux encore infantiles avec un pelage inégal, un nez étrangement proéminent par rapport à la bouche, une odeur désagréable et surtout, surtout, un comportement déconcertant… est-ce que pour autant les humains ne sont pas de la grande famille des animaux ?

Invités :

  • Michel Blazy, artiste,
  • Georges Chapouthier, neurobiologiste et philosophe,
  • Marie-Claude Bomsel, docteur vétérinaire et professeure au Muséum national d'Histoire naturelle.

Le grand défi de notre temps est de reboucler les cycles biogéochimiques planétaires avant que l’écosystème global n’atteigne le collapsus, entrainant la biodiversité entière (Homme inclut) dans sa chute. Phosphore, CO2, Azote, etc. sont les flux qui maintiennent le vivant dans sa dynamique depuis plus de 3 milliards d’année. Une des clés pour que ces flux redeviennent circulaires est de réintégrer le système humain dans le système naturel global, et refaire de l’Homme un animal parmi les autres.

Invités :

  • Barthélémy Toguo, artiste, Pierre-Henri Gouyon, biologiste,
  • Catitu Tayassu, chercheur en Histoire Culturelle, CHR-EHESS.